Articles et chroniques

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Concert talent et partage

Concert Talent et partage

 Samedi j’étais invité au Concert : Talent et partage organisé par la croix rouge de Chateaurenard en Provence  au profit de l’association «Jamian».



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Je craignais que le concert  constitué d’un plateau   d’artistes locaux qui m’étaient en majorité totalement inconnus,  à part deux exceptions,  ne tourne très vite au spectacle bon enfant d’une  kermesse de fin d’année.

Deux éléments fondamentaux m’avaient poussé à quitter la chaleur ouatée de mon intérieur pour rouler plus d’une heure dans une nuit glaciale et rejoindre le théâtre des opérations.

Premièrement : La présence de Jean-Louis Barjavel. Lors de son précèdent concert nous avions longuement parlé de petits points importants  à mettre en place pour donner un plus à son tour de chant et j’étais curieux de savoir s’il allait appliquer les conseils et les résolutions. 

Deuxièmement : Vous aller voir combien dans la préparation d’un spectacle et dans sa réussite les détails sont importants ;  la qualité de l’affiche. En effet le soin apporté à cette affiche dans la recherche de ce fond représentant un guitariste tout droit sorti d’une peinture impressionniste m’avait interpelé.

Un troisième point qui à posteriori ne m’aurait  pas fait regretter mon déplacement même si le spectacle n’avait pas été à la hauteur de mes aspirations : La gentillesse et le dévouement de tous ces bénévoles de la croix rouge, et de Sarah la présidente de l’association Jamian à Cathy Durand l’organisatrice artistique et présentatrice de cette soirée.

Bref à 20h30, bien calé dans mon fauteuil du troisième rang, rangée réservée à la presse qui brillait par son absence, j’allais enfin savoir si j’allais en prendre plein les mirettes et les oreilles ou….

C’est Charly : jeune chanteur qui eut l’ingrate tâche de se coltiner le lever de rideau suivi par Oswald.

Oswald : Inconsciemment ou pas est  très inspiré tant par la voix que  ses textes par Jean-Patrick Capdevielle et Bernard Lavilliers. Il précéda :


Camille Monnet :
Il s’accompagnait magistralement au piano pour libérer de  très jolies mélodies sur un touché particulièrement envolé qui n’était pas sans rappeler véronique Samson. Puis entra :

AugustineDSC01483.JPG Hoffman : Et là… Le miracle s’accomplit. Dès les premiers mots les premières notes elle  hypnotisait la salle. Derrière une voix douce aux veloutés légèrement empreints des intonations de Georges Chelon elle nous entrainait sur des textes à la poésie digne des plus grands. Une écriture si juste et si profonde, autant sur le fond que  la forme, qu’elle nous faisait presque oublier son jeune âge. Même les minuscules imperfections dues au trac passaient totalement inaperçues aux oreilles du public tant la force de ses mots et l’audace de ses analyses prenaient le dessus. Les deux chansons qu’elle nous offrait  me donnait envie d’en entendre plus… beaucoup plus.  Et je n’étais pas le seul. Le frisson qui traversait la salle était perceptible. Paul l’ami qui m’accompagnait et qui est une encyclopédie vivante  de la chanson française me chuchota à l’oreille : « Heureusement que je suis assis… ». Et Sylvia Akilina, jeune journaliste,  elle aussi très amoureuse de notre belle langue, assise à ma gauche et qui avait dû ressentir l’émotion que cette chanteuse me transmettait  sachant l’importance que j’accorde à la belle écriture ne put s’empêcher de me dire : «J’étais sure que tu aimerais !». Non je n’aimais pas! j’adorais. Je vais peut-être dire une bêtise l’erreur est humaine et j’ai peut-être tort, l’avenir le dira,  mais en 44 ans de promenade dans ce métier je ne me suis encore jamais trompé. Ce soir sous mes yeux, dans le ciel des poètes une étoile est née.            


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Little Wendy
accompagnée par Philippe Perathoner : Même si elle se présente comme  auteur-compositeur  c’est d’abord une superbe voix de blues. Graves aigues ou mediums rien ne la dérange. Elle glisse  sur la gamme comme une patineuse sur la glace. Et surtout elle semble sans limites dans la puissance. Avec Philippe Perathoner au clavier, même en feignant d’ignorer qu’il a accompagné les plus grands, on n’était plus vraiment dans l’accompagnement classique. Philippe a tellement de talent et de métier qu’il semblait réorchestrer chaque seconde de chaque chanson. Au fond j’écoutais une chanteuse mais j’entendais un duo. Que du bonheur.

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Jean-Louis Barjavel :
Alors là, Jean-Louis a fait fort en commençant son tour par un gag, un énorme gag
dont les américains sont si friands et coutumiers. Au début, comme nous avions eu une longue conversation sur le paradoxe de la nécessité d’écrire les improvisations, j’ai cru que sa panne de guitare était bidon et juste placée là pour détendre l’atmosphère. Mais non, c’était une vraie panne dont il sut  habilement tirer profit et finement  jouer, surtout avec l’apparition de Joël venu lui prêter main forte et sa guitare en prime  avec l’humour qui le caractérise.  Le public, devant les deux compères qui allégrement  pour notre plus grand plaisir en rajoutaient des couches, était hilare. Mais très vite, pour ne pas dire dans la seconde qui suivit la réparation de l’instrument et le changement d’éclairage Jean-Louis Barjavel repris son rôle et sa position. La classe! Par rapport au mois de septembre et nos mises au point, je n’étais plus devant le même artiste. Il avait mis à profit le moindre conseil. L’éclairage, le costume, le phrasé… Il était parfait. Sublime cria la dame dans mon dos qui avait dû lire dans mes pensées. Sublime ! Je n’ai pas de mots plus justes. Jean-Louis Barjavel était sublime.              


Joël et Laurence :
Ce ne sont pas des nouveaux venus. Leur talent est connu et reconnu. Joël a une telle maitrise de sDSC01494.JPGa guitare qu’on se demande s’il n’a pas huit doigts à chaque main. Quand a Laurence elle  se promène librement  sur les notes et les jeux de mots avec une facilité déconcertante. Ils sont en osmose permanente et complices jusqu’au moindre sourire. Après plusieurs albums et avoir fait la première partie de Maurane il y a peu, l’avenir devrait les emmener sur une grande scène parisienne et c’est bien mérité.    

Pierre et Hugo : Deux frères qui ont revisité  Astor Piazzolla et Les ballons rouges de Serge Lama avec une position dans le programme des plus difficile.

Voila ! Un très beau spectacle devant une salle pleine. Et à la sortie un public ravi. On ne peut pas demander mieux. Si… de recommencer très vite !

Williams Franceschi



27/11/2015
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