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Ainsi Va la Vie… épisode n°88 … Les AMITIES & Les AMIS

 

11935087_1624129787811869_3486183137925805176_n copier.jpgHa ! Les amitiés… Ce n’était pas le sujet principal du dernier « Ainsi Va la Vie » (l'épisode n°87)  et pourtant c’est cette partie du texte qui semble avoir le plus émergé aux vues de vos commentaires. Alors je récupère la balle au bond.

 

Nous côtoyons tout au long de notre vie  trois sortes de personnes ; les connaissances, les copains et les amis. Et bien souvent ces  relations se noient dans un curieux mélange comme les couleurs sur une palette et nous avons, selon les circonstances, tendance à mélanger tout ce joli monde, et par la même nous mélanger les pinceaux.

Car ce n’est pas la palette qui est importante mais ce qu’il advient des couleurs sur la toile.

On les mélanges inconsciemment ou pas parce qu’on a autant besoin d’eux qu’ils ont besoin de nous. Et on finit par ne plus distinguer les différences qui les séparent.

 

Dans le cas des connaissances, c’est justement, contrairement à ce que leur nom pourrait laisser entrevoir, des gens que l’on connait peu et pourtant c’est souvent vers eux que l’on se tourne parce qu’ils ont des compétences, un savoir-faire, quand ce n’est pas un simple outil que nous n’avons pas.

 

Vous avez besoin de quelque chose et vous vous dites : "Au fait je connais quelqu’un qui… " et souvent ça marche. À condition que de votre côté vous puissiez rendre la pareille, dans une semaine,  un mois, un ans... c’est en sous-jacent  du donnant donnant à ne pas confondre avec les relations même si au bout du compte on aboutit  parfois au même résultat.

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Les relations peuvent être des amis des copains de la famille des voisins, des collègues de travail, un élu,  un patron, un artiste, un ministre ou un prince... Avoir des relations c’est simplement connaitre du monde et de préference du monde influant quand ce n’est pas du beau monde.

 

Le problème des relations c'est qu'on peut être tenté un jour ou l'autre de ne pas se contenter d'une photo autour d'un repas ou du plaisir platonique de partager des instants de bonheur. Trop souvent on attend d’elles, qu’elles  jouent de leurs influences, de leur pouvoir, quand ce n’est pas de leur argent  même si la demande se fait du bout des lèvres. Le pire c'est le refus! bing la claque! Quel qu'en soient les raisons.

Dans le cas où vous obtenez une réponse positive bingo !.. Mais tout a un prix.  Le piège; c’est que vous êtes aussi la relation de vos relations et que tout service reçu vous rend redevable même si l’amitié existe en grand  ou à doses homéopathiques.

 

Avoir des relations c’est valorisant  dans certain cas surtout si l’on a jamais besoin de rien. Sinon les relations ne fonctionnent que si nous avons le même statut social, professionnel, intellectuel, ou financier. Mais il y a parfois des miracles heureusement…

 

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Tout ça c’était juste une intro un peu schématique, de la théorie simplifiée, une approche à la louche pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier et les deux pieds dans le même sabot avant de parler des amis et des l’amitiés.

............

Oui les amitiés sont importantes pour ne pas dire primordiales. Elles peuvent avoir une force et une solidité à toutes épreuves, paraitre indéracinables ou s’émousser aux premières intempéries. Mais les amitiés, aussi belles soient-elles, aussi longues fussent-elles, subissent avec le temps et les aléas de la vie une certaine érosion à moins, comme le bon vin, qu’elles ne  deviennent des crus d’exceptions. Par chance ca m’est arrivé et ça m’arrive encore.

 

Comme tout un chacun j’ai eu beaucoup d’amis, puis moins, puis peu, souvent ; ça va vous surprendre  pas du tout. Et oui nib, zéro, plus personne au numéro que vous avez demandé…

 

Pas du tout : dans des circonstances qui me sont très personnelles. Souvent ce fut un choix. J’avais besoin de réfléchir seul.

 

Pas du tout : parce qu’il m’est arrivé d’avoir une véritable cour qui en dehors d’une présence sympathique ne me fréquentait pas que pour mes beaux yeux. Ou alors justement trop pour mes beaux yeux !  Et un jour il a fallu  balayer devant ma porte. Il m’est arrivé, je le reconnais, de balayer  un peu fort.  

 

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Pas du tout : malgré  moi, parce que quand tout va bien vous êtes l’être le plus exceptionnel qui soit, mais quand tout va mal les rats désertent le navire et le téléphone reste muet. Ça vous laisse un gout amer, ça oblige des remises en question sur de sages conclusions à en tirer. 

 

Pas du tout : dans des instants où j’en aurais eu le plus besoin. Vous savez bien que c’est toujours ainsi vous l’avez-vous-même vécu.

 

Et des : "Pas du tout", j’en aurais un florilège à vous énoncer.

 

Et puis comme un feu renait de ces braises par les hasards d’un courant d’air je me suis vu entouré d’un cercle d’amis que je croyais à tout jamais perdus.

 

Oui parfois les amis ne sont pas au rendez-vous. Mais l’avons-nous toujours été nous-même ? Sommes-nous des Amis parfaits ? N’avons-nous commis aucuns 18109595_638903652979698_28997634_n.jpg
impairs même involontaires ?  Nous connaissons les douleurs des blessures que nous avons subies mais sommes-nous conscient de celles que nous avons peut-être infligées ? Il suffit parfois d’un mot, d’un geste, d’une attitude, d’une invitation oubliée, d’une réflexion anodine …  anodine pour nous ! Mais pour l’autre ?

 

Alors en se posant les questions à l’ envers peut-on leur en vouloir ? Doit-on les éliminer de nos sentiment d’un coup de gomme parce qu’ils n’étaient pas là dans ces moments difficiles ? C’est souvent ce geste qui nous traverse  l’esprit. A tort je crois. Car les amis ne sont pas devins et bien souvent c’est dans ces périodes compliquées que nous sommes le moins accessibles.

 

Soyons francs,  ils n’ont pas tous la capacité de deviner le degré et l’ampleur du mal qui nous ronge et bien souvent quand tout va mal, car c’est bien quand tout va mal qu’on en a le plus besoin,  en plus d’être inaccessible nous émettons des ondes révulsives…

 

DSC02784 - Copie.JPGOn pourrait parler aussi des amis qui nous lâche, qui disparaissent sans trop savoir pourquoi et nous laissent seul face à des dizaines d’interrogations qui nous minent en permanence. Ces interrogations ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles que l’on se pose lors de ruptures amoureuses.  Elles commencent par des « Pourquoi ? », se prolongent par des « Mais qu’est-ce que je lui ai fait ? », et se terminent par de larmoyants: « dois-je essayer de reprendre contact ? ». Sans compter les fois où nous concluons, têtu et con à la fois, par un : « Non je ne ferai pas le premier pas ! Ils n’ont qu’à le faire eux-mêmes ! » On n’en pense pas un mot mais on a l’impression que ça soulage. Et l’on reste là, tout seul la mine renfrognée faussement convaincu qu’on a raison. Nous croyant solide comme un rock alors que notre cœur n’est que de glaise.

 

Il y a aussi les amis qui nous tournent le dos bien souvent sur un quiproquo, sur des broutilles, sur des erreurs. Sur des erreurs qu’ils ne nous pardonnent pas en oubliant qu’en d’autres temps nous étions là pour les soutenir, les aider, les aimer… mais leur jugement sur nous, baigné dans une amnésie profonde, n’engendre aucune clémence. C’est le propre de l’humain vous n’y pourrez rien changer.

 

Il y a aussi les amis qui nous trahissent et ceux-là on ne s’y attendait pas. Mais ne dit-on pas que Juda était le disciple préféré de Jésus ?

 

J’éviterais l’épineux sujet des amis jaloux ou envieux. Pour les jaloux j’ai bien du mal à les comprendre moi qui me réjouis toujours de la réussite de mes amis. En plus, la jalousie comme l’égoïsme sont des  sentiments qui me sont totalement étrangers. J’ai d’autres défauts en quantité illimité mais pas ceux-là !

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Quant aux envieux ; j’en ai déduis que le plus souvent ils aimeraient ce que nous procédons mais sans s’interroger sur le chemin de croix qu’il a fallu parcourir pour l’obtenir. J’éviterai le sujet parce qu’à bien y réfléchir ; les jaloux et les envieux  ne sont pas  des amis.

 

Ah ! Les amis, il y aurait tant à dire. Bien souvent les déceptions sont de notre ressort pour ne pas dire de notre faute. Nous en espérions trop confondant amis et copains. On a besoin des deux. Mais les copains c’est autre chose et bien souvent, à notre détriment, nous les avons confondus. Mais les vrais amis existent.

 

Les premiers amis à qui je pense, et à qui je pense souvent, sont ceux partis trop tôt et qui restent  présents à tout jamais. Ceux qui resurgissent au détour d’une conversation, d’un souvenir, d’une confidence, d’une référence à des instants inoubliables. Ceux qui nous manquent. Ce n’est pas seulement leur mémoire qui est là, juste à côté de nous, mais eux-mêmes. Présent à travers nous. Les immortels.

DSC02823 copie.jpgEt puis il y a l’amitié qui se partage en groupe entre couples souvent des amitiés de longues dates. Dans bien des cas ces amitiés se noient dans une relation presque familiale. On est bien ensemble, on part en vacances, on se reçoit, on s’appelle, parfois plus souvent que sa propre famille et là encore c’est une forme d’amour et de bonheur.

 

Et quand l’un s’en va pour faire son dernier voyage celui ou celle qui reste est entouré.  L’amitié est devenue un lien indéfectible. Face au pire ; ces amis-là prodiguent l’indispensable présence. Cette chaude présence qui ne comble pas la solitude mais attenue les silences.

 

Les amitiés de Longues dates, et les amis d’enfance. Celles-là elles sont sacrées. On ne se voit pas ou pas souvent, on s’écrit parfois, on se téléphone rarement, mais on y pense. Et quand on se retrouve on décline comme le rosa en latin mille détails sur cette courte période qui nous a tant marquée. On se moque encore de cette pauvre prof de math ou de musique qui se distinguait à nos yeux de tous les autres profs, on se rappelle comme à chaque fois ce flirt avec telle ou tel élève et l’on se jure comme dans la chanson de Bruel de se revoir et de ne plus laisser passer encore autant de temps… 

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Mais la vie suit son cours et les promesses s’envolent.  On ne se reverra pas plus souvent. Pourtant  ces amis-là occupent paradoxalement  à la fois une place légère et primordiale. Je les surnomme les inoubliables.

 

 Ha ! Les amis de longues dates qui connaissent tout ou presque de notre parcours, de nos amours, de nos réussites comme de nos échecs nous y tenons. Nous y tenons peut-être aussi parce qu’ils sont les témoins vivants de notre vie comme nous le fument de la leur. Plus que des  spectateurs devant l’écran de notre existence ils  en furent aussi les acteurs.  Nos noms et les leurs déroulent inlassablement au générique du même film bercés par les mêmes immuables musiques d’une époque et d’une génération.  Alors nous leur vouons, qu’ils aient été de simples figurants ou de véritables vedettes, des places de privilégiés aux premiers rangs. Ils sont devant et sur l’écran.

 

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Pourtant le temps ne fait quelque fois rien à l’affaire. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes simples comme des artistes de renom ou pas et de partager en moins de temps qu’il ne faut pour le dire des amitiés d’une profondeur inimaginable.

Une soirée, une interview, m’aura suffi ou plutôt nous aura suffi car par chance ce fut toujours réciproque, du moins je l’imagine, pour que naisse puis se tisse quelque chose que la rapidité m’a souvent empêché, par crainte de l’erreur, d’appeler amitié et pourtant c’est bien d’amitié dont il s’agit.

 

Il y a eu aussi ces amis  que je n’avais pas revus depuis une éternité … Et que je retrouve comme si on s’était quitté la veille. Les amis ont peu vieilli mais l’amitié n’a pas pris une ride!

    

L’amitié c’est quelque chose de tellement fort et profond Si proche de la fraternité et qui parfois la dépasse. Car ne parlons pas que des déceptions, il y a aussi le bonheur que génère cet amour.

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J’ai écrit Amour ?  En effet. L’amitié ; la grande, la vraie, entre deux hommes, ou deux femmes, atteint et dépasse  bien souvent les liens du sang. J’ai eu des amis qui étaient de vrais frères ou de vraies sœurs… plus rarement je l’avoue. J’ai eu des amies mariées ou pas qui m’étaient plus proche qu’avec leurs conjoints et osaient se confier sur tant de sujets délicats que j’en étais parfois gêné.  Mais c’est ça aussi l’amitié pouvoir parler à quelqu’un sans tabous et  sans crainte d’être jugé.

 

L’amitié entre un homme et une femme j’y crois, je l’ai vécue et je le vis encore. Mais bien souvent entre les deux sexes opposés ; entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence.

 

Alors certains me diront qu’il ne faut pas franchir le pas ! Ne pas se laisser tenter ! Ont-ils raison ? Peut-être ? Je n’en sais rien. J’ai eu aussi des amies, avec qui j’ai, ou plutôt nous, avons franchi le Rubicon sachant l’un comme l’autre que nous n’aurions pas d’avenir commun même si l’espoir subsistait en filigrane  dans le regard de l’un des deux. 

 

Alors me direz-vous notre amitiés en a-t-elle pâti ?  Non ! Je suis peut-être l’exception qui confirme la règle, mais non. Au contraire en plus de déjà bien nous connaitre nous nous connaissions physiquement et évidement le coté secret de la chose, je ne parle pas du piment dans une liaison dangereuse, rajoute un plus inexplicable.

 

D’ailleurs bien des amitiés homme/femme sont sur le fil du rasoir, sur le bord glissant de la zone rouge mais chacun reste à sa place bien sage dans ses tongs même si dans la chaleur d’une nuit d’été à l’abri des regards la tentation de lui prendre la main, de glisser nos doigts dans ses cheveux, ou de boire à ses lèvres ; nous brule, nous brula, et nous brulera longtemps le corps. Et quand je dis : nous, c’est pour éviter de vous décrire ce qu’il m’arrive souvent de lire dans les yeux de certains, convaincus que dans la nuit tombante derrière la fumée d’un barbecue personne ne se doutera de rien et personne ne saura lire tout ce qui peut s’écrire dans un regard. J’aborderais ce sujet une autre fois. L’amitié c’est loin d’être simple. Sauf à l’école primaire et encore.

 

 

L’amitié; c’est de l’amour. D’abord de l’Amour ! Et comme tout amour il demande patience, tolérance et compassion.

 

(Compassion : du latin  cum patior, « souffrir avec »)

 

Ainsi va la vie

 

 

(A suivre…)

 

Williams Franceschi

 

 

Conseils de la semaine

 

 

 

 

 

 

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02/12/2017
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