Articles et chroniques

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Ainsi va la vie… épisode n°70..Laisser une trace… ou l’histoire d’une vie

 

20881848_1871957246454525_2414839984120955883_n.jpgAvant de vous parler du commun des mortels que nous sommes; effleurons le sujet par le haut du panier et réfléchissons un instant à la trace qu’ont pu nous laisser nos grands hommes.

 

Que restera-t-il de tous ces gens illustres qui ont fait l’histoire ? Que restera-t-il malgré des dizaines d’encyclopédies, bouquins en tous genres, biographies, reportages ?.... A part pour quelques érudits  curieux d’en savoir plus … Que restera-t-il ?  Bien souvent  un évènement a marqué leur vie,  pas toujours le meilleur, et tout le reste aux oubliettes.

Pas de bol pour ceux, qui avides de reconnaissances se croyaient immortels de leur vivant et ne laisseront de célèbre que leur mort.

Toute une vie pour ne laisser dans la mémoire collective qu’un mot, qu'une seule référence.

 

Si je vous dis : François Ier ?  vous me répondez : La bataille de Marignan. Kennedy ? …. Son assassinat et vous ne trouvez plus la ville. Victor Hugo ? … les Misérables ou Notre dame de Paris, pas le livre bien sur, vous pensez surtout au film ou à la comédie musicale. Napoléon ? Austerlitz ? Ou Waterloo ? Mao Tse Toung ? Le petit livre rouge….

Et là, mes exemples que je pourrais poursuivre à l’infinie traitaient de géants de l’histoire. Je vous passe sous silence les derniers présidents de la république, à part Mitterrand et sa pyramide du Louvre aucun ne fait ressurgir quoi que ce soit d’éloquent… Dommage. Bien sur on ne peut pas les réduire juste à ça et pourtant!

 

Et de nous ? De vous ? de moi ? Que restera-t-il ? Rien ?

Ou peut-être plus, mais pas à la même échelle !

 

Tous les gens simples ont une histoire. Une histoire dont ils voudraient laisser une trace pour que leur vie ne s’arrête pas uniquement au jour du grand départ. Pour que leur souvenir se perpétue. Pour que de chrysanthèmes en chrysanthèmes, après que la famille et les intimes de plus en plus rares aient eux-mêmes fait le grand voyage,   les quelques proches restant ; souvent de lointains cousins, petits-enfants, arrière-petits-enfants, amis d’amis, simples curieux, ou admirateurs  ne s’immobilisent pas seulement devant une photo dans un cadre ovale accrochée à une pierre  gravée à leur nom en ne sachant d’eux presque rien quand ce n’est pas le vide absolu.

 

Pour qu’ils ne restent pas ignorants de la mémoire de toute une existence sinon : Des bruits, des « On-dit » minimisés ou amplifiés, et quelques banalités gentilles, glorifiantes ou affligeantes ;  et puis au fil du temps,  au-delà de quelques photos jaunies ou par chance quelques lettres, qui sorties de leur contexte ne veulent souvent rien dire, ce qu’ils trouveront sur un acte de naissance ou de mariage dans le cadre strict et froid  d’une recherche généalogique.

 

C’est la vie ? Oui et non. L’accepter ainsi c’est se résigner à la fatalité.  On nait, on vit, on meurt. Les trois dimensions dans lesquelles nous évoluons. Mais si l’on se dit : Je vis, j’ai vécu, et je vivrai ; il faut se prendre par la main et laisser une trace. A la plume, au crayon, sur un magnétophone…

 

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Nous ne sommes que de passage
, nous le savons mais nous n’en prenons vraiment conscience qu’à l’automne de nos vies.  Même si l’automne comme le printemps sont des saisons riches en couleurs et si la douceur du climat nous laisse le temps d’admirer ce que précédemment nous  nous contentions  de regarder.

 

L’histoire d’une vie ; chacun à la sienne  qui fut parfois dans la plus stricte normalité ; sans heurts, sans troubles, sans aventures ni turpitudes notables, toute simple, sur un chemin bien tracé, presque écrite d’avance, avec ses bonheurs et ses larmes comme tout le monde,  sans excès ou si peu et rien d’exceptionnel à marquer  d’une pierre blanche et pourtant si belle.

 

Je me souviens d’un berger qui fut aussi maçon et se louait dès l’âge de 13 ans à la journée pour assurer tous les travaux demandant force et résistance. Il parlait peu. Un taiseux disait-on au village sauf avec moi. Peut-être parce que j’ai toujours eu cette faculté de savoir  écouter.

 

Sa vie ne se résumait qu’à ses collines qu’il connaissait par cœur et qu’il n’avait pratiquement jamais quittées à part pour faire son service militaire, 36 mois dans des conditions rudes et dont il gardait pourtant d’excellents souvenirs de franche camaraderie.

 

En me montrant du bout de sa canne la crête blanche des roches calcaires qui domine le vallon il s’émerveillait : « Regarde petit…comme c’est beau ! »

  

Durant l’été, notre rendez-vous occasionnel au début devint très vite quotidien presque à heure fixe. Et puis peu à peu,  jour après jour, ce vieil homme sans âge,  s’impatientait sans me le montrer, de me voir le rejoindre ; et chaque jour il ouvrait un peu plus les pages du livre de sa vie.  D’abord  par petits mots, petites phrases, petites touches, avant de déballer en y mettant souvent le ton et la forme comme s’il rejouait acte par acte la pièce de son existence.

 

L’enfant que j’étais avait apprivoisé le vieux lion. Et son histoire qui semblait se cantonner aux drailles, aux oliviers, aux sangliers s’ouvrit sur une véritable chronique vivante riche et foisonnante d’anecdotes de la vie à la campagne en des temps, pas si reculés que ça, mais d’une dureté et d’une âpreté difficilement concevable. Et pourtant cet homme-là ne s’en plaignait pas. Il constatait.

 

Les rides de son visage me paraissaient profondes comme des sillons de labour et je crois que la comparaison de mon regard de huit ou dix ans était juste. Son cœur et son corps ressemblait à son pays ; aride sous ce soleil de plomb  et pourtant si beau.

 

La vie de monsieur et madame tout le monde mérite une trace. Parce que ; monsieur et madame tout le monde ; ça n’existe pas ! Chacun de nous est un être unique.

 

Je ne vais pas m’étaler sur la vie de certains artistes… Leurs traces, aussi modestes fussent-elle, sont écrites à l’encre de  leur notoriété. Mais bien souvent des traces pleines de contre-vérité, aux artifices flatteurs, où les petits bobos sont exploités comme si la misère du monde les avait frappés de plein fouet… Ca a fait vendre du papier et même si j’en connais d’extraordinaires… ce n’est pas le sujet. Aujourd’hui. La vedette c’est vous !

   

Nos vies s’écrivent sur les pages de livres minces, épais, ou en plusieurs volumes reliés cuir  dont nous sommes à la fois l’auteur et  le personnage central au milieu d’une multitude de seconds rôles colorés et  primordiaux sans qui rien n’aurait pu se réaliser.

 

Des vies avec  un parcours différent des autres, un parcours pas toujours facile, pas aussi rectiligne qu’on nous l’avait laissé entrevoir et dont souvent, par humilité, nous taisons les revers et les profondes cicatrices encore douloureuses, pour ne parler que des bon moments et survoler les coups durs.

 

Mais au sortir de ces vies difficiles, il  est certain que le gout des bonnes choses n’a plus la même saveur. Un repas même modeste lorsqu’on a eu faim devient un festin au sens propre comme au figuré. Je racontais il y a peu combien un jambon beurre, après trois jours sans rien dans le ventre dépasse largement les mets les plus raffinés et combien on s’en souvient bien des années plus tard.

 

Après des parcours  angoissants, tortueux, épuisants, semés d’embuches, lorsque au bout du chemin nous récoltons les fruits  de tant d’efforts bien  mérités le regard de ceux qui ignorent tout mais croient savoir, de ceux qui  jalousent plus qu’ils n’envient, ce regard, même s’il nous laisse seul, ce regard malsain et aussi une forme de reconnaissance.

 

Juste une trace de notre passage. Et si votre vie recèle de secrets inavouables qui risquent de faire souffrir certaines personnes ; écrivez deux histoires la première complète mais délestée de ces passages délicats. Et la seconde intégrale à déposer chez votre notaire à n’ouvrir qu’après une certaine date … date à laquelle sauf erreur de calcul ou de tournées générales d’eau en provenance d’une fontaine de jouvence les personnes concernées ont peu de chance d’être encore physiquement présentes.

 

Certains sont nés une cuillère en argent dans la bouche mais l’argent laisse souvent un gout métallique et froid,  et a son contact les meilleurs aliments deviennent souvent immangeables. La chance n’était pas où on la croyait.

 

Au contraire certaines vies furent un combat de chaque instant. Une vie en survie permanant. Où, si l’argent fut invariablement  le nerf de la guerre il devint le but essentiel d’une vie de travail pour assumer et assurer sans même penser à s’enrichir.

Ces vies où le bout du tunnel paraissait inaccessible à se demander si la vie méritait d’être vécue. Des vies où se remonter les manches devint un geste banal au point qu’il s’en  fallut de peu qu’on ne relève pas les bras certains soirs de désespoir.

 

Des vies où en plus l’Amour s’est fait la belle quand on le croyait notre. Et une vi12562534_461880820681983_537049674_o (2).jpge sans amour… Bien sûr il y aura des palliatifs, des pansements provisoires, des sparadraps qui ne tiennent ni l’eau ni la distance. Des amours difficiles et des amours interdits, des amours sans lendemains, des amours brisés et j’en passe qui constituent l’essentiel d’une vie.

Mais qui devinera cela en ne voyant que nos sourires et sous le masque des apparences nos mines réjouies…Qui ?

Souvenez-vous de : « La Route de Madison »… qui aurait su sans ce petit journal que ces quatre jours interdits constitueraient le plus bel amour d’une vie ?

  

Il y a aussi des vies qui foisonnent de tant d’histoires, d’anecdotes, et de rebondissements  que chaque chapitre mériterait d’en faire un livre. Des vies pleines jusqu’au débordement et dont pourtant on se demande qui ça pourrait bien intéresser ?... Et puis en voyant, en écoutant se plaindre une génération montante on se dit : S’ils savaient…

Mais on ne moufte rien de peur de passer pour ringard

 

Alors pour qu’ils sachent et n’imaginent pas n’importe quoi ; comme ils ne sont ni devins ni détenteurs de la science infuse, il n’est pas inutile de leur laisser une trace. Tout en sachant qu'il n'y a qu'une chose d'importante dans cette vie: l'Amour !

Ainsi va la vie

(A suivre…)

 

Williams Franceschi

 

Merci à: Nathalie Chol, pour ses superbes illustrations

et à Sophie Vernet pour la photo de Williams

 

 

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Et quelques photos d'amis.... ( je ne peux pas mettre tout le monde mais le cœur y est..) a qui je souhaite une bonne fin de vacances et que je remercie pour leur fidélité..

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26/08/2017
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