Articles et chroniques

Articles et chroniques

Ainsi va la vie.... Au detour d'un film... de jolis souvenirs


IMG_20140820_172305 - Copie (3).JPGTiens, une petite histoire comme vous les aimez bien..... Mais là pas de suspens, juste deux petits évènements théoriquement insipides  qui ont fait remonter, en moi, mercredi après-midi, de jolis  souvenirs que j’éviterais d’ évoquer comme un ancien combattant qui livrerait   à chaque opportunité l’origine de ses blessures et la valeur morale de ses médailles. Non, d’ailleurs je n’ai dans cette histoire aucune médaille à sortir de sa boite. Juste de beaux moments qui peuvent néanmoins sentir la naphtaline tant ils sont lointains.

 

Le-Boulanger-De-Valorgue-DVD-Zone-2-876815507_ML.jpg

Mercredi, à l’heure de l’après journal, quand habituellement les chaines diffusent  la repasse d’une repasse de série usée jusqu’à la corde, exceptionnellement pour cause de 11 novembre elles nous gratifiaient d’un grand film de cinéma ; parlant et en technicolor, excusez du peu mais tout aussi usée et même élimé aux manches et au col. Bon,  passe encore les jours de pluie mais le 11 novembre il ne pleut pas systématiquement...

 

Donc super film sur la Une : « Robin des bois » avec Kevin Costner. Ouf ! On a frôlé la version de 1938 avec Errol Flynn Olivia de Havilland mais on nous sert quand même un film de 25 ans d’âge qui semble  n’avoir pris de aucunes rides surtout parce qu’il correspond à notre génération. Et sur la 3 : Une nouveauté de 1953 remasterisée et colorisée : « Le Boulanger de Valorgue »   avec Fernandel.


Dès les premières images j’ai arrêté de jouer avec la zapette pour savourer les paysages, la clarté des ruelles des villages de Provence, l’atmosphère, presque  carte postale d’un autre temps. La musique, les gens, l’accent qui est pourtant presque le même aujourd’hui me ramenaient inconsciemment vers mon enfance. Il ne manquait plus que Josélito, Crin blanc et Le ballon rouge pour me retrouver assis parmi une foul
e d’enfants de 3 à 8 ans, émerveillée,  bouche bée face à un écran géant au milieu d’une place publique de village. Des enfants heureux de regarder ce spectacle exceptionnel d’un samedi  dans la fraîcheur d’une nuit d ’été.

En ce temps là, curieux de tout, en dehors du film,  je m’interrogeais sur l’origine de toutes ces minuscules poussières nageant dans le faisceau lumineux du projecteur et sur le fait qu’elles ne fassent  pas d’ombres sur l’écran... Mais aller savoir pourquoi personne ne me donnait jamais une réponse satisfaisante.

Alors vous pensez que c’est ça mon joli souvenir ? Ça pourrait c’est vrai, mais non désolé … pas du tout.

 

Donc, saisi par une sorte de nostalgie hypnotique je me laissais prendre au piège et je regardais ce film d’Henri Verneuil à l’écriture largement inspirée francis_linel_olympia.jpgde Marcel Pagnol. Inspiré avec tous les ingrédients qui firent le succès du grand maître sauf un : Le talent.

Plus tard Verneuil deviendra un géant mais il en était encore loin.  Néanmoins, je me laissais bercer par le jeu des acteurs et c’est là que deux jolis souvenirs firent surface. Le soldat, fils de Fernandel, n’était autre que Francis Linel. Francis Linel. Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant… Ce fut en son temps un grand interprète d'opérettes Marseillaises et  meneur de revues,  artiste complet qui savait à peu près tout faire. Chanter, danser, imiter jouer avec le public.

 

Ma chance fut de passer en première partie de plusieurs de ses spectacles.  Mais en plus, peut-être à cause de mon très jeune âge, mêm71906759.jpge si j’en paraissais plus, je n’avais que  14 ans,  il m’avait à la bonne comme disait les autres un rien jaloux et  me prodiguait de merveilleux conseils avec un petit leitmotiv  en conclusion lâché avec un accent qui ne reniais pas ses origines : « … Moi, je te dis ça, mais t’es pas obligé de m’écouter… » Puis après un clin d’œil insistant il rajoutait : « Mais tu devrais. » Le tout ponctué d’un sourire paternel et une manière de vous parler en vous serrant fermement l’épaule tout en vous regardant droit dans les yeux qui ne laissait place à aucune ambiguïté et surtout pas à un millimètre d’inattention.

 

Je le croiserai bien des années plus tard  sur un plateau de télé alors qu’il avait formé le trio  « Poivre et sel » mais sentant qu’il ne faisait pas le lien entre le débutant que je fus  et l’homme que j’étais devenu je me contenterai de le saluer sans l’importuner.

 

Dans le même, film le rôle du curé était tenu par Jean Gaven… que j’avais connu  peu après  durant le tournage de la série télé « Morin des maures ». Mais ce n’est pas le tournage, ni de l’acteur qui a fait remonter quelques émotions dans mon cœur et ma mémoire, mais surtout parce que j’avais été engagé avec une très jolie jeune fille qui se prénommais Dany, que je fréquentais avant le tournage et qui, si elle  ne fut pas ma première fois,fut mon premier vrai grand amour.  Ce premier amour, a suscité tant de questions tout au long de ma vie, tant il fut exceptionnel. Car au fond, ce premier amour  ne le recherche-t-on pas dans d’autres bras? sur d’autres lèvres? comme si on avait peut-être un jour manqué quelque chose? On ne le saura jamais ou trop tard. Il y en a eu d’autres évidements, mais le premier!…On ne l’oublie jamais.

 

Williams Franceschi

 



20/11/2015
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 104 autres membres