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Ainsi va la vie ....épisode n°5 "Mes débuts et Michel Orso"

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Dimanche 18h… Il a fait une belle journée mais le mistral à 100km / m’a fatigué.

Depuis quelques jours je peaufine un long article consacré au chanteur Michel Orso à paraître dans la rubrique : Les amis, artistes et personnalités, de Hearty radio dans  ma chronique : « Il était une fois… ».  Pour se faire j’ai dû piocher dans une documentation personnelle et faire travailler ma mémoire épisodique jusqu’au tréfonds du cortex tant les renseignements sur internet sont pauvres pour ne pas dire  inexistants.

 

Et si je vous en parle dans ce petit feuilleton hebdomadaire qu’est devenu : Ainsi va la vie… c’est juste pour vous faire partager, comme un avant-propos, une assez jolie  anecdote qui a trait à cet artiste et qui a touché ma vie d’adolescent et d’apprenti chanteur. Avant-propos que je ne publierai pas avec mon article. Je vous le  livre… juste à vous amis proches, qui constituaient  ce groupe  qui me suit assidûment. Un partage à la limite de la confidence.

 

Mes débuts

En ce très chaud mois de juillet, deux mois avant mes quinze ans, poussé par une petite équipe de copains et un cousin lointain tombé des nues, place du théâtre à Toulon, je montais pour la première fois sur les planches pour chanter.  Je dis chanter parce que j’avais précédemment ressenti les frissons de la scène ; mais c’était pour jouer. Jouer dans une pièce de théâtre avec pour grande différence que  mon  rôle, plus que  secondaire, était noyé  dans la masse. Là j’allais être seul face au public et c’était une autre affaire.

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Je ne savais pas encore, que j’allais participer pour la première et unique fois de ma vie à un concours de chant.  Celui-ci, passablement connu, reconnu et prestigieux était organisé par le journal « Var Matin République ». Pour rester dans l’anonymat, l’inscription s’étant faite en cachette de mon père, j’avais utilisé  le pseudonyme de Willy Williams.

 

Ce concours, je ne le remporterais pas mais j’y décrocherais une  l’honorable quatrième place gratifiée d’un superbe appareil photo que j’ai retrouvé il y a peu. Même si j’écrivais des chansons, presque en secret,  depuis deux ans, que j’avais eu bien du mal à faire écouter a quiconque tant le milieu social dans lequel je grandissais aurait pu prendre le pseudo auteur-compositeur pour un farfelu tombé d’un nuage car le quartier de mon enfance, que j’ai adoré et dont je garde une grande nostalgie, n’était pas peuplé d’enfants de chœur ;  j’y ai appris les vrais règles de la vie, de l’honneur et de la hiérarchie plus souvent à la force des poings qu’en long raisonnements philosophiques. Mais c’est un autre sujet dont je vous parlerais peut-être... (Peut-être) une autre fois.

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Donc, même si j’écrivais des chansons, sans vraiment manquer  de confiance en moi, j’étais conscient de mon manque de métier. Alors, en m’inscrivant  j’espérais simplement une chose : éviter le ridicule en ne terminant pas  dernier.

 

J’oubliais ; petit détail qui a son importance, je n’y participais pas en tant que chanteur. J’aurais dû, mais considérant que mes petites bluettes n’étaient pas assez abouties et mes musiques à peaufiner, au dernier moment je décidais de proposer un mini tour d’imitations. Là, même si mes sketches n’étaient pas tous au top je maitrisais  quelques voix à la perfection, et d’autres dont je savais qu’elles n’étaient que l’imitation de l’imitation de la star du moment Thierry le luron.

 

Car l’imitation n’est pas un don ; juste une bonne oreille, une certaine capacité vocale et de longues heures de travail. J’avais rodé cent fois ce petit tour de voix et j’avais toujours atteint deux buts : surprendre et surtout : faire rire. Et ce soir-là, ça avait plutôt bien fonctionné.

 

Le lendemain les quelques lignes encourageantes dans la rétrospective de la soirée du  quotidien régional  m’incitèrent à poursuivre dans cette voie. Et c’est ainsi que j’entamais, presque par hasard une carrière d’imitateur. La suite et les années qui suivirent feront l’objet d’entrefilets au fil de nos prochains rendez-vous.

 

Mais Michel Orso la dedans ? J’y arrive. Un samedi du  mois d’Aout de la même année le podium de La gazette en chanson s’installa sur la place de mon quartier et vers 17 heures au moment de la balance, accoudé aux barrières jouxtant la scène j’assistais avide et curieux a tous les préparatifs quand tout près de moi une voix s’adressa à un responsable debout sur la scène. Je ne me souviens plus de la teneur de ses propos mais en me retournant je reconnu immédiatement Michel Orso et dans l’axe de ma ligne de mire mon père qui s’approchait à grand pas j’imagine pour venir ma chercher. Lorsqu’il fut à ma hauteur j’aurais voulu lui présenter Michel mais je fus pris de court Michel se retourna et s’adressa directement à mon père :  

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-Vous ne vous appelez pas ...Albert ?

Oui ! lui répondit mon père en lui serrant vigoureusement la main

Nous avons fait l’armée ensemble… C’est ton papa ? me demanda-t-il avec ce sourire à la fois rempli de malice et de gentillesse…

-Je ne me souviens pas. Lui répondit mon père qui ne s’était jamais intéressé à la chanson et encore moins aux chanteurs.

- Dans les chasseurs-alpin ! Lui asséna Michel comme pour le convaincre… Et vous êtes un champion de gymnastique

Oui !  lui confirma mon père.

- Et tu sais ce qu’il a fait ton père pour obtenir une permission ? Il a parié qu’il s’accrocherait au balcon du deuxième étage d’un bâtiment de la caserne, qu’il se lâcherait dans le vide pour se rattraper à la rambarde du premier… Un truc de fou !

 

Mon père gêné fit semblant de ne pas se souvenir de l’évènement,   mais Michel conclut :

- Et il l’a fait ! Alors tu parles si ça m’a marqué … pas que moi d’ailleurs !

Tout à coup, tous les rôles s’étaient inversés ; la vedette c’était mon père. Les deux anciens chasseurs alpins poursuivirent leur conversation et le rappel à nombres d’autres souvenirs.

J’apprendrai beaucoup plus tard qu’en cette période de guerre d’Algérie les permissions étant plus difficiles à obtenir mon père n’avait trouvé que cette idée, très dangereuse, pour retrouver sa famille c’est-à-dire ma mère  et moi, l’espace d’une journée…

Par la suite ma route et celle de Michel Orso se croiseront quelques fois…

Ainsi va la vie

 

(À suivre…)

 

Williams Franceschi

      

 

         

       



24/04/2016
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