Articles et chroniques

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Ainsi va la vie... épisode n°20... Le coup de Foudre ( la suite...)


55402_476887489018006_1233026298_o.jpgVous avez été si nombreux a me demander la suite ( pour ceux qui découvrent "Ainsi va la vie" et qui ne sauraient pas de quoi je parle il faut lire l'épisode 19 pour comprendre le 20.... et comme demain je ne pourrais pas être devant mon ordinateur avant 20 ou 21h je vous l'envoie ce soir. Mais après il faudra attendre la sortie du bouquin dont le sujet n'est pas le coup de foudre mais une belle histoire... d'amour quant même... je vous embrasse .. bonne lecture! 

 

 Premier réveil après la rencontre

 

A cinq heures quarante-cinq, après une nuit qui  parut trop courte, le radioréveil sans clémence pour les rêves inachevés aspira le silence de la nuit et  le remplaça par des mots pâteux et des sons discordants. Peu à peu, la brume cotonneuse qui enveloppait ce fatras de bruits s’évapora et le cerveau de Sam distingua enfin les voix et les virgules musicales, avant de décrypter les phrases et leur contenu émises par la radio.

 La politique intérieure dégageait une odeur d’ambre solaire et de parasols. Les nouvelles fraîches de la nuit cachaient mal leurs gueules de bois. La météo, s’annonçait légèrement en désaccord avec le calendrier, sauf pour le sud. Les bourses en général et européennes en particulier maîtrisaient l’usage d’un vieux jouet indémodable le yo-yo. L’animateur, souhaita un joyeux anniversaire à Nathalie Baye et Sylvester Stallone comme s’il les avait quittés la veille et avec brio et humour en jonglant avec des futilités internes à son studio, il remplit les espaces vides en attendant les rendez-vous précis. Une pub tombée du ciel précéda les programmes télé conseillés et surtout l’incontournable information vitale pour l’essentiel des auditeurs ; L’horoscope.          

- Vous serez vif comme le lynx et vous prendrez d'instinct les bonnes décisions. Faites confiance à votre infaillible intuition. Profitez des bonnes influences astrales. Avec la Lune en Capricorne, tout ce qui vous a surpris hier disparaitra sans laisser la moindre trace dès aujourd’hui!

Sam, qui se frottait les yeux s’immobilisa comme si les derniers mots de la prédiction de jour l’avaient tétanisé, puis au fur et à mesure que le sang  irrigua à nouveau ses veines,  se répéta au ralenti  la phrase fatidique :

-Tout ce qui vous a surpris hier….. disparaitra sans laisser la moindre trace!Tout ce qui vous a surpris hier disparaitra sans laisser la moindre trace!

Avant de la compléter par celle prononcée la vieille par Gwen :

- De toute façon ce n’était qu’un rêve ! Quand on se réveillera, on aura tout oublié.

Sam eut un léger doute. Etait-ce un rêve ? Avait-il  ou allait-il  tout oublier?   Pour l’instant et sans effort de très belles images remontaient de sa mémoire. Presque trop jolies. Conclut-il. Ce qui ouvrit la porte à de nouveaux doutes au point qu’il se reposa la question ; Etait-ce le souvenir d’un rêve ? Ou la réalité d’un souvenir ? Quelle preuve avait-il que cette soirée ait vraiment existée ?

- Non je n’ai pas rêvé… pas rêvé

 

Il se leva, se dirigea d’instinct toujours en se frottant les yeux, vers la salle de bain dont il percuta la porte faute de l’avoir ouverte et comme une boule de billard qui rebondit sur la bande changea de trajectoire et entra directement dans la cuisine. Il se souvint alors  de la carte qu’elle lui avait glissée  entre ses incisives. Il se souvint   de l’avoir fait glisser à son tour  dans la poche à rabat de sa chemise sans la lire. Il retourna, presque en courant  dans la chambre introduisit deux doigts dans la fine poche et en extirpa la carte.

 

Je garde précieusement mon œuvre.

Et mon portable aussi ! Gwen 06 77 22…

 

A la même heure, du  même matin, Gwen était déjà réveillée depuis dix minutes lorsqu’elle appuya sur le bouton de sa pendulette de voyage  pour empêcher la sonnerie de se déclencher. La veille, elle avait eu un mal fou à trouver le sommeil et maintenant, presque autant à faire surface. Elle ne se sentait pas fatiguée, mais trainait une sensation coupable de ne pas avoir assez dormi. Tout au long de son insomnie et depuis son réveil elle ne pensait qu’à la veille. Elle ne se posait pas le dilemme du rêve ou de la réalité, tel qu’elle l’avait évoqué. Elle essayait simplement de visualiser le visage de Sam sans y parvenir. L’image lui apparaissait floue et incomplète, sauf pour le regard. 

Elle se saisit pour la quatrième fois de la carte posée  sur sa table de chevet, relut le texte et sentit le papier. L’envie d’appeler Sam l’avait taraudé toute la nuit. Et ce matin, elle doutait. On verra plus tard, dans la journée, rien ne presse, elle se passait en revue une collection de raisons pour ne pas faire le premier pas. A quelques détails près, sans se concerter, Sam et Gwen  prenaient les mêmes résolutions.

Dans la matinée, Sam retrouva ses élèves de son lycée pour l’un des derniers cours de l’année et Gwen ses bébés de l’hôpital d’Aix. La journée de Sam lui parut interminable. La journée de Gwen, même si une certaine impatience lui perturbait inconsciemment l’esprit, ne lui laissa pas vraiment le temps de rêvasser. Dans l’aile Cézanne de l’hôpital, les infirmières ont bien le droit d’embrasser qui elles veulent sur fond de coucher de soleil pendant leurs congés, mais pas d’y penser en permanence pendant les soins. Mais ce jour-là, malgré une apparente concentration, Gwen fit une exception à la règle et contrairement au matin le visage de Sam lui apparut a mainte reprises en détails mais aussi sa démarche, ses regards, son sourire, sa voix…

 

Vers dix-neuf heures, Sam se gara devant l’immeuble ou habitait Gwen presque à la même place que la veille. Il faisait encore trop jour pour supposer par le biais de l’éclairage des fenêtres de la présence ou pas de Gwen  dans l’appartement. Après quelques secondes, plutôt de vide que de réflexions,  Il composa le numéro de la carte mais au moment d’appuyer sur envoie eu une énorme hésitation et se contentât d’enregistrer le numéro et le nom  dans sa carte Sim avant de poser, ou plutôt de jeter son portable sur le siège passager.

Entre l’envie et la crainte le petit fossé qui s’était creusé ressemblait maintenant à un canyon infranchissable. Il ne se posait aucunes questions intelligibles qu’il aurait pu formuler à haute voix. Des amours de passage ou en villégiature il en avait connus plus que beaucoup peuvent en rêver mais là ! C’était autre chose. Il caressa sa clé de contact avant de la tourner, poussa un soupir puis lâcha sa clé, repris son téléphone, ouvrit la liste de ses contacts et appuya sur Gwen. Suivant la première sonnerie la voix artificielle d’une opératrice virtuelle, le renvoya vers un répondeur. Contrarié, au vue de l’élan qu’il avait dû prendre pour franchir en un bond le canyon infranchissable quelques secondes auparavant, il essaya de ne pas laisser transpirer dans sa voix son agacement, mais laissa néanmoins  un message  très laconique.

 

- Coucou c’est Sam! Je te rappellerai dans un moment !

Dès qu’il raccrocha, un double minuscule bip lui indiqua qu’il venait de recevoir un message. Il cliqua sur sa boite vocale et put écouter un massage enregistré par Gwen :

- Bonsoir, c’est Gwen… je voulais… Je te rappelle… ou rappelle-moi si tu peux, quand tu auras terminé.

Il raccrocha et recomposa illico le numéro. Elle décrocha dès la deuxième sonnerie.

- Bonsoir Sam !

- Bonsoir Gwen. Ça va ?

- Oui ! Et toi ?

De préambules en banalités chacun s’englua lamentablement ne sachant plus avec précision  ce qu’ils devaient dire ou  faire. La crainte d’un faux pas ou d’une maladresse les tétanisait. Ce qui leur arrivait les effrayait tout en les remplissant de bonheur.

- Vous êtes chez Vous ? Chez toi ? Pardon.

- Non et vous ?

- Moi non plus. Je suis dans ma voiture et toi ?

- Je suis aussi… dans ma voiture !

- On se retrouve quelque part ? Chez moi ? Chez toi ?

- Tu es où ?

- Curieusement…Devant chez toi. Et toi

- Presque devant chez toi !

- aurait-on eu la même idée ?

- La même idée et la même démarche !

- Qui rejoint qui ?

Gwen fut la plus rapide.

- Vous m’attendez ?!  j’arrive. C’est toujours la femme qui décide non ? Affirma-t-elle sur un ton enjoué avant de laisser ce rire qu’il connaissait peu mais adorait déjà terminer sur des notes de joie la fin de cette première communication téléphonique.

Sam fut pris de court mais ravi de l’être.

- OK !

 

Elle mit moins de dix minutes pour rejoindre son quartier et gara sa petite Citroën juste derrière le 4/4 de Sam. Il la découvrit dans le rétroviseur et sentit ses pulsations cardiaques monter d’un cran. Il sortit pour la rejoindre mais elle fut la plus rapide. A peine avait-il claqué sa portière  qu’elle était déjà devant lui. Ils étaient là, face à face, les visages éclatants de sourires, les yeux dans les yeux, elle mordilla sa lèvre tout en rangeant cette mèche faussement rebelle, presque par mimétisme il en fit de même.  Ils avaient tous deux envie de se jeter dans les bras l’un de l’autre mais freiner leur plussions réciproques pour simplement s’interroger sur la meilleure  attitude  à adopter. Après un court temps d’arrêt et un bonjour furtif. Ils auraient voulu s’embrasser ; mais comment ? La réponse vint du fond des regards. Ils s’accordèrent juste un baiser doux et bref du bout des lèvres en totale opposition avec leur envies. Discrètement, au point qu’elle crut qu’il ne s’en rendait même pas compte, elle  lui saisit deux doigts de la main gauche et le tira vers l’entrée.

 

Après deux pas sous la contrainte il s’arrêta net alors qu’elle poursuivait sa marche et comme s’il entamait un rock and roll, lui tira sur la main  en donnant un effet à l’intérieur de la paume, qui la contraint à virevolter et rouler ou s’enrouler  le long de son bras jusqu'à ramener son corps  au contact du sien. Elle ressentit la force et la fougue que portait ce geste dans un juste mélange de grâce et de virilité. Il l’enlaça. Leurs corps  toujours en phase, leurs visages face à face à se toucher, les yeux dans les yeux, ils s’embrassèrent avec plus d’ardeur que précédemment.

- J’ai quelque chose à prendre dans ma voiture.

Elle lui renouvela son baisser. Leurs visages rayonnaient.

Il sortit du coffre un énorme bouquet de roses, elle n’osait pas y croire, auquel il ajouta  une bouteille de champagne et referma la voiture.

Depuis son troisième étage, la baie vitrée du salon ouvrait sur une vue dégagée entre le ciel, la canopée de lourds marronniers et un vaste parc. Quelques malformations indignes dans la perspective de l’espace gazonné trahissaient la création anarchique de places de stationnent. Les arbres, largement octogénaires dégageaient par leurs tailles ; force, bien être, quiétude, et offraient aux oiseaux un refuge serein. Sam s’accouda au balcon  et huma l’air et les odeurs  qui dans un léger vent traversait les arbres.

- Il fait moins chaud à cette hauteur ! Tu es bien ici. Quel calme.

L’ambiance ultra moderne de cet intérieur aurait pu dégager une froideur due à la rigueur des lignes, à la brillance des plans, à l’abondance du verre mais quelques notes de fantaisies printanières et féminines brisaient la glace. Une enfilade basse en bois laqué gris, aux portes vitrées supportait un grand écran extra plat, face à un salon d’angle en cuir blanc et une table basse en Altuglas. Un autre fauteuil d’appoint en forme de gant de boxe géant fermait un angle de la pièce. Sur la gauche du canapé et presque toute la surface du mur une bibliothèque  débordait de livres. Pas le moindre centimètre de libre.

 

Après avoir organisé les roses par couleurs dans un grand vase en porcelaine de chine qu’elle plaça au centre de la table du séjour. Elle apporta, sur un plateau ancien en métal argenté finement ciselé ; deux coupes en cristal et un seau rempli de glace.  En son centre, s’élevait le col d’une bouteille de champagne au nom prestigieux, drapé d’un torchon blanc qui n’était pas la bouteille de Sam.

Sam se retourna, se proposa d’ouvrir la bouteille et du  forcer plus que de raison sur le bouchon récalcitrant.

- J’adore boire dans une coupe. Et celles-ci sont d’une finesse…..

Il la souleva  dans la lumière pour mieux contempler la montée des bulles  vers la surface et vint la faire teinter avec délicatesse contre  celle de Gwen.

- On trinque ? C’est la première fois. Il faut faire un vœu.

Elle ferma les yeux sans pouvoir contenir un sourire qui a lui seul en disait long.

- Ca y est !

Il en fit de même et but une courte gorgée.

- Sublime.

- Pour que les vœux se réalisent il faut…

-                                                            …Pas les dire !

Sam termina d’une traite le  contenu de son verre puis rajouta :

- Oui ! Mais il faut aussi ?  Jeter la coupe quand elle est vide !

Et il s’exécuta en lançant son bras par-dessus son épaule

- NON ! Hurla Gwen.

Il éclata de rire. Elle eut un temps d’arrêt avant que la petite montée d’adrénaline, occasionnée par la peur ne se rééquilibre et lui face admettre la farce.

-Alors ce vœux ? Même si on ne doit pas tout dire… tu me donnes un indice ? Parce que si je découvre ton vœu il a encore beaucoup plus de chances de se réaliser

- Mais mademoiselle Gwen  ne réécrirait pas un peu les dictons à ta sauce ?

- C’est pas interdit !

- Mon vœu profond est trop important pour que je m’en amuse mais j’en ai fait un autre moins…

- Moins sérieux ?

- A non ! Très sérieux justement.

- Alors un indice

 - Mon vœu peut s’exaucer avant le repas. Il peut même s’exaucer  avant et se  confirmer après.

Elle fit une mine dubitative. Puis lui jeta un regard en baissant le front comme si elle allait le charger tête la première. Enfin elle se plaqua contre sa poitrine, ouvrit sa chemise, effleura de ses mains chaudes et douces les fibres sensibles de sa peau. Il fit glisser son chemisier par-dessus ses épaules et le long de ses bras, sans arrêter de l’embrasser.

Ils s’étaient presque entièrement dévêtus. Leurs corps brûlants, enlacés, vibraient sous l’étreinte de simples caresses et de baisers profonds. Il la prit dans ses bras comme on porte un enfant et sans qu’il ait eu besoin de poser de questions, elle lui indiqua la porte de sa chambre. Il la déposa sur le lit et se débarrassèrent du peu de vêtements qui les couvraient encore. Elle alluma la lampe de chevet, baissa le volet roulant et retira le couvre lit. La lumière tamisée, ajoutait à l’ambiance déjà chaud une atmosphère feutrée propice à la liberté des corps.

Au fil des caresses, l’envie de l’autre devint besoin. Aucuns prémices n’auraient pu apporter plus qu’ils ne ressentaient déjà. Ils étaient dans l’impatience de ce corps à corps, dans l’envie inconsciente d’une apothéose où ils se connaîtraient intégralement jusqu’au bout du moindre frisson.  Ils allaient faire l’amour pour la première fois ensemble, mais n’éprouvaient aucune gêne, aucune  crainte, aucune angoisse. Passionnément, ils firent l’amour avec amour. Ils avaient su faire durer le désir pour mieux partager les voluptés et l’intensité du plaisir jusqu'à l’extase.

Elle l’avait entraîné dans son envol puis s’était laissée porter sur un nuage. Elle ne voulait plus en descendre. Il l’avait accompagnée si haut, que son corps transpirant en gardait encore les muscles tendus. Elle se lova dans la hanse de ses bras, heureuse, protégée, détendue, l’esprit libre.  Le temps ne s’était pas arrêté, mais il en donnait l’impression. Le calme les berçait. Ils s’endormirent. Autour d’eux, chaleur, sérénité, bonheur et le sentiment d’avoir tout oublié.  À part l’instant présent, Ils avaient tout oublié, ils étaient ensemble et seul au monde. Il n’y avait plus rien, à part ce parfum d’amour qui flottait dans l’air, sur leur peau, dans leur corps et  profondément dans leur cœur. 

 

A bientôt

 

Williams      

 

  



09/07/2016
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